Alors que la tendance internationale montre que les villes, depuis les années 90, se dédensifient avec un étalement urbain marqué, Johannesburg a connu ces dernières décennies une densification importante : entre 1991 et 2000, la population a augmenté de 33% et les zones bâties ont augmenté de 14% et entre 2001 et 2009, la densité brute a augmenté de 28,9% alors que la densité de population de zones bâties a crû de 16,4%.

A l’ère de la « compétitivité des territoires », la force d’une ville ne se limite pas à sa densité humaine. La question des choix résidentiels des ménages constitue l’une des problématiques centrales de l’économie actuelle et définie l’attractivité in fine des aires urbaines. Ce processus questionne le rapport entre ville diffuse, ville dense et ville intense.

L’un des principaux défis pour Johannesburg est de traiter les processus de densification de l’aire métropolitaine, de les canaliser et de les utiliser comme levier pour remodeler, sur le long terme, la morphologie urbaine de la métropole. La défaillance de l’action publique à travers ses choix politiques qui a laissé les acteurs privés devenir maîtres du marché du logement, a impacté à terme très

lourdement la structuration même de la société (de la localisation des habitants à leur lieux de rencontres en passant par leurs moyens de déplacements). Le prix à payer étant que, plus le temps s’écoule, plus des mécaniques perverses s’installent, ayant pour effet induit l’amplification des inégalités spatiales et sociales et la poursuite de la fragmentation de la ville.

Afin de résoudre l’ampleur du challenge et d’atteindre le statut de ville efficiente, Johannesburg est au seuil d’une nécessaire transformation de son espace urbain.